Nous sommes Les Paillettes.
Un collectif de drag queens et d’artistes queer, né à Paris en 2014, à une époque où le drag parisien tenait sur les doigts de deux mains, vernis compris. Depuis, nous lisons des contes, nous jouons des cabarets, nous animons des soirées et nous déambulons dans les musées. Ce manifeste dit pourquoi.
La culture queer, vivante et sur scène
Nous venons d’une culture qui a survécu à peu près à tout : le mépris, la loi, l’épidémie, l’oubli. La faire monter sur scène reste la meilleure façon de la garder vivante.
Chaque apparition drag est une fête, et chaque fête est une petite revanche, avec confettis.
La littérature, pas seulement sage
Nous lisons des textes anciens et contemporains, queer, féministes, inclassables : des mots rédigés par des gens qu’on n’écoutait pas, pour des gens qui se cherchaient. Certains de ces textes ont failli disparaître avec celles et ceux qui les ont écrits.
Les lire à voix haute, c’est les garder en circulation. Considérez-nous comme le service public de la phrase oubliée.
La folie créatrice, revendiquée
Costumes, maquillages, personnages : nous fabriquons de l’extravagance avec application. Se déguiser comme à six ans est un plaisir que nous n’avons jamais trouvé de bonne raison d’abandonner, alors nous en avons fait un métier. Les fiches de paie sont à paillettes, c’est plus long à classer.
Le drag est politique
Pas besoin de tract. Monter sur scène avec une mémoire, c’est déjà un discours : celle des textes qu’on a voulu faire taire, celle des vies qui ont été poursuivies par le passé, et qui le sont encore. On ne fait pas de cours d’histoire, on la fait circuler.
Notre méthode tient en une ligne : entre deux blagues, une phrase qui reste.
L’amour pour toustes
Inconditionnel, sans case à cocher. L’empathie et la solidarité font tenir une troupe depuis plus de dix ans, et c’est ce que nous essayons de faire circuler dans chaque salle, jusqu’au fond, tout près du bar.
La joie comme méthode
Le monde est dur, l’actualité se charge de nous le rappeler chaque matin. Nos spectacles sont des endroits où l’on reprend des forces. Ce n’est pas grand-chose, et c’est énorme.
Les Paillettes : talons aiguisés, verbe acéré

